Francais Anglais





Les Murs

Les murs troués
Peau de mur
Les murs
Un souffle de mur
Les murs frontières
Les murs révélés
Les murs sauvages
Les torrents comme des murs
L'âme des murs
Les noirs

La Nature

Un mur dans le jardin
Les jardins
Hors Série
Le BLANC sublime
Ensemble Les BLEUS
Ensemble Les ROUGES
Ensemble Les VERTS
Les coquelicots

See my videos

Stay informed
on my painting

Sign up
to my newsletter

 

"Une artiste de l’émotion et de l’action"

par Florence LECA - Maître de conférences à l’Université de Paris-Sorbonne

 

Il existe une mythologie du mur. Depuis les grottes de Lascaux jusqu’au « muralisme » contemporain, en passant par les fresques romaines, le mur, aux fonctions doubles (les murs enferment mais aussi protègent) n’a jamais cessé d’être recouvert de signes : murs décorés des luxueuses maisons de Pompéi, murs tagués des cités contemporaines …

Cette mythologie du mur occupe une place singulière dans l’œuvre de Pascale Morelot-Palu. Elle a commencé la série des « Murs sauvages » en mars 2011, alors qu’elle travaillait à celle des « Noirs », et cette série des murs est à la fois un emblème et un aboutissement provisoire de son œuvre.

Avec « Les murs sauvages », elle apparaît, ainsi qu’elle le revendique elle-même, comme « une artiste de l’émotion et de l’action ».

 Lutter contre les murs, travailler la matière, pour Pascale Morelot-Palu, c’est d’abord un défi professionnel : le rôle de l’architecte n’est-il pas de lutter contre la pesanteur pour faire tenir des murs debout ? Mais les murs sont un appel de toujours pour cette artiste. Elle ne peint pas sur des murs, elle peint ses murs. Elle savait depuis longtemps qu’un jour ou l’autre elle allait devoir se retrouver face aux murs, symboliques ou matériels, rencontrés au cours de sa vie, devoir exorciser les souvenirs douloureux d’une enfance où l’on se sent prisonnier entre quatre murs, d’une adolescence où l’on se heurte au mur parental. Pour l’enfant, la liberté c’est faire le mur. Des années après, elle passe à l’acte, au sens littéral : elle va « faire des murs », les murs à franchir pour conquérir sa liberté.

Peindre « Les murs sauvages », pour Pascale Morelot-Palu, est une entreprise qui se situe donc à mi-chemin entre l’exorcisme (ne pas aller droit dans le mur), et la réappropriation de soi par la plongée dans les profondeurs de l’inconscient.

« La lucidité est la blessure la plus proche du soleil » écrivait René Char.

Le travail de l’artiste est un effort de lucidité. Comme dans le travail de la psychanalyse, il s’agit de faire remonter à la lumière ce qui était enfoui dans les profondeurs de l’inconscient : « Les murs sauvages » font apparaître des fantômes lumineux dans le creux de la toile.

Ces silhouettes fantomatiques ont partie liée avec le monde magique évoqué de manière certes plus figurative dans « Brocéliande » et dans la série « Fantastique », mais toujours énigmatique.

Le spectateur de l’œuvre est donc confronté à un mystère partiel et c’est par l’émotion et non par l’intellect qu’il s’en approchera le mieux, ce qui correspond à la définition que Pascale Morelot-Palu donne d’elle-même : « artiste de l’émotion et de l’action ».

Qu’elle soit une « artiste de l’action », toute son œuvre en témoigne. À propos des « Murs sauvages », elle note : « Sauvages, car je me bats avec. Je suis sauvage avec ». C’est une véritable énergie (une de ses séries porte d’ailleurs ce nom) créatrice qui submerge les toiles. L’artiste répond parfaitement aux analyses de Gaston Bachelard concernant la dureté des matériaux : la dureté, c’est la matière qui dit « non », c’est une provocation. Artiste de l’énergie, Pascale Morelot-Palu réagit par l’action à la provocation des êtres et des choses. De là sont nés « Les murs sauvages ».

« Les murs sauvages » apparaissent donc comme une conquête et une affirmation de sa liberté.

Cependant, cette énergie cohabite avec une extraordinaire douceur (on note le surprenant contraste entre l’aspect rugueux et la douceur au toucher des toiles), tout comme la profondeur n’exclut pas la légèreté : à côté des « Murs sauvages », la série des « Coquelicots », menée parallèlement, est solaire, joyeuse, peinte de façon cyclique, chaque année, tout comme la nature refleurit chaque printemps, bel acte de foi en la vie !

Pascale Morelot-Palu est une artiste au parcours singulier, ce qui n’exclut pas les affinités électives : une passion revendiquée pour Joan Mitchell, et une parenté certaine avec Monet, voire, bien qu’elle ne le revendique pas, avec le lyrisme flamboyant d’un Zao Wou Ki.

 

 

Florence LECA

Nuage de mots

© Pascale Morelot-Palu  |  Terms of use  |  design by 2exVia with MasterEdit©