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TESTIMONIALS

 

Alain Farel, Architecte DPLG, Enseignant à l’école d’architecture Paris - La Seine

Tant de peintres se disent artistes…

Après tout pourquoi pas si cela les aide à vivre. Et, de peintres du dimanche ou de stars du marché international de l’Art, ne sommes-nous pas submergés par les œuvres de dérisoires décorateurs et de cyniques imposteurs.

Toutefois, dans certaines circonstances, à l’instar de certains regards, sourires ou mots répandus dans l’espace, une toile détient la faculté ineffable de nous arracher à nous-mêmes, de nous mettre en présence d’une dimension habituellement hors d’atteinte. Elle possède cette aura sur laquelle Walter Benjamin a si bien su attirer notre attention : « Trace et aura. La trace est l’apparition d’une proximité, quelque lointain que puisse être ce qui l’a laissée. L’aura est l’apparition d’un lointain, quelque proche que puisse être ce qui l’évoque. Avec la trace, nous nous emparons de la chose ; avec l’aura, c’est elle qui se rend maîtresse de nous ».

Caractérisons, à défaut d’autre terme, cette disposition par le mot profondeur. Paradoxe de l’art pictural ; évoquer la troisième dimension pour un travail de surface. Mais, évidemment, c’est de profondeur intime qu’il s’agit et non de représentation perspective.

Ainsi en est-il de l’œuvre peint récemment par Pascale Morelot-Palu, qui réussit à nous entrainer sur cette voie jamais tracée d’avance. Son traitement, abstrait, de la surface par la couleur, atteint désormais cette qualité, obtenue quand la lumière sourd du tableau pour révéler une présence.

Alors, là oui, bravo l’artiste !

 

Alain Farel

Architecte DPLG

Docteur en mathématiques

Enseignant à l’école d’architecture Paris - La Seine


  

Sophie Arthus-Bertrand, co-organisatrice de l’exposition Les Chemins en Couleur

"Une grande force se dégage dans la peinture de Pascale Morelot-Palu
et une vraie sensibilité dans l'écriture"


 

PMP à Malicorne en octobre 2011Sophie Arthus Bertrand

 


 

"Une artiste de l’émotion et de l’action"

par Florence LECA - Maître de conférences à l’Université de Paris-Sorbonne

 

Il existe une mythologie du mur. Depuis les grottes de Lascaux jusqu’au « muralisme » contemporain, en passant par les fresques romaines, le mur, aux fonctions doubles (les murs enferment mais aussi protègent) n’a jamais cessé d’être recouvert de signes : murs décorés des luxueuses maisons de Pompéi, murs tagués des cités contemporaines …

Cette mythologie du mur occupe une place singulière dans l’œuvre de Pascale Morelot-Palu. Elle a commencé la série des « Murs sauvages » en mars 2011, alors qu’elle travaillait à celle des « Noirs », et cette série des murs est à la fois un emblème et un aboutissement provisoire de son œuvre.

Avec « Les murs sauvages », elle apparaît, ainsi qu’elle le revendique elle-même, comme « une artiste de l’émotion et de l’action ».

 Lutter contre les murs, travailler la matière, pour Pascale Morelot-Palu, c’est d’abord un défi professionnel : le rôle de l’architecte n’est-il pas de lutter contre la pesanteur pour faire tenir des murs debout ? Mais les murs sont un appel de toujours pour cette artiste. Elle ne peint pas sur des murs, elle peint ses murs. Elle savait depuis longtemps qu’un jour ou l’autre elle allait devoir se retrouver face aux murs, symboliques ou matériels, rencontrés au cours de sa vie, devoir exorciser les souvenirs douloureux d’une enfance où l’on se sent prisonnier entre quatre murs, d’une adolescence où l’on se heurte au mur parental. Pour l’enfant, la liberté c’est faire le mur. Des années après, elle passe à l’acte, au sens littéral : elle va « faire des murs », les murs à franchir pour conquérir sa liberté.

Peindre « Les murs sauvages », pour Pascale Morelot-Palu, est une entreprise qui se situe donc à mi-chemin entre l’exorcisme (ne pas aller droit dans le mur), et la réappropriation de soi par la plongée dans les profondeurs de l’inconscient.

« La lucidité est la blessure la plus proche du soleil » écrivait René Char.

Le travail de l’artiste est un effort de lucidité. Comme dans le travail de la psychanalyse, il s’agit de faire remonter à la lumière ce qui était enfoui dans les profondeurs de l’inconscient : « Les murs sauvages » font apparaître des fantômes lumineux dans le creux de la toile.

Ces silhouettes fantomatiques ont partie liée avec le monde magique évoqué de manière certes plus figurative dans « Brocéliande » et dans la série « Fantastique », mais toujours énigmatique.

Le spectateur de l’œuvre est donc confronté à un mystère partiel et c’est par l’émotion et non par l’intellect qu’il s’en approchera le mieux, ce qui correspond à la définition que Pascale Morelot-Palu donne d’elle-même : « artiste de l’émotion et de l’action ».

Qu’elle soit une « artiste de l’action », toute son œuvre en témoigne. À propos des « Murs sauvages », elle note : « Sauvages, car je me bats avec. Je suis sauvage avec ». C’est une véritable énergie (une de ses séries porte d’ailleurs ce nom) créatrice qui submerge les toiles. L’artiste répond parfaitement aux analyses de Gaston Bachelard concernant la dureté des matériaux : la dureté, c’est la matière qui dit « non », c’est une provocation. Artiste de l’énergie, Pascale Morelot-Palu réagit par l’action à la provocation des êtres et des choses. De là sont nés « Les murs sauvages ».

« Les murs sauvages » apparaissent donc comme une conquête et une affirmation de sa liberté.

Cependant, cette énergie cohabite avec une extraordinaire douceur (on note le surprenant contraste entre l’aspect rugueux et la douceur au toucher des toiles), tout comme la profondeur n’exclut pas la légèreté : à côté des « Murs sauvages », la série des « Coquelicots », menée parallèlement, est solaire, joyeuse, peinte de façon cyclique, chaque année, tout comme la nature refleurit chaque printemps, bel acte de foi en la vie !

Pascale Morelot-Palu est une artiste au parcours singulier, ce qui n’exclut pas les affinités électives : une passion revendiquée pour Joan Mitchell, et une parenté certaine avec Monet, voire, bien qu’elle ne le revendique pas, avec le lyrisme flamboyant d’un Zao Wou Ki.

 

 

Florence LECA

Nuage de mots

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