Je cherche la forme juste qui permettra à ce qui me traverse d’apparaître.
Je travaille par séries, chacune née d’une expérience de vie, d’une émotion ou d’une nécessité intérieure que la peinture transforme en création. Depuis mes premières recherches, la matière, la mémoire et la verticalité traversent mon travail. Architecte de formation, j’ai longtemps peint le mur : sa présence physique, ses strates, ses blessures, ce qu’il protège ou enferme, sa masse, puis ce qu’il laisse entrevoir lorsqu’il se fissure. Plus tard, confrontée au deuil, ma peinture a interrogé la présence et l’absence, la trace et l’effacement. Aujourd’hui, avec Sérénité, je cherche davantage l’équilibre entre l’énergie du vivant et l’apaisement.
Je construis mes peintures par couches successives, avec des gestes d’apparition et de disparition. Je pose, recouvre, racle, efface, révèle. Des verticalités émergent, des couleurs enfouies réapparaissent, des traces subsistent. Je ne cherche pas à illustrer une idée préexistante : j’installe plutôt des conditions, des procédures, puis je laisse la peinture déplacer ce que j’avais prévu. C’est dans cette tension entre construction et surgissement que mon travail trouve sa nécessité.
Peindre est pour moi une manière de rendre visible ce qui ne l'était pas encore : une sensation, une mémoire, une énergie, parfois simplement un état intérieur. Mon travail, profondément ancré dans la matière, veut faire apparaître l'énergie du vivant, la lumière et la beauté du monde.
Christian Noorbergen, philosophe et historien de l'art,
critique d'art Artension
Fort livre de haute tenue consacrée à Pascale Morelot-Palu. L’ouvrage, de près de 150 pages de grand format, a été réalisé sous la direction de Jean-Yves Cousseau, assisté de l’artiste elle-même, qui fut familière des ateliers de Ivan Messac (dès 1994), Ben Ami Koller, Thibaut de Reimpré et Daniel Lacomme, avant de voler de ses propre.s grandes ailes, à Nantes. De beaux textes critiques, témoins de sa créativité, jalonnent sa carrière, d’Ileana Cornea à Emma Noyant, ou de Florence Leca à Sarah Noteman.
Celle qui fut longtemps architecte des demeures du dehors creuse maintenant tous les possibles du dedans, tous les voyages à secrets, et toutes les lumières de l’ombre. Elle aime « le chaos qui s’organise, les accidents de parcours, et les taches métamorphiques. »
Incroyablement inventive et plurielle, son œuvre se nourrit des origines de la matière, se révèle dans l’avant-univers et dans l’aventure infinie de ses traces vécues. Chez elle, effervescence chromatique et dénuement graphique s’étreignent à merveille dans la pudeur des gestes et dans l’autarcie des signes. Pascale Morelot-Palu creuse la puissance magique de la haute création, loin des produits fabriqués d’une certaine modernité fatiguée…
« Peindre “mes murs“ », écrit-elle, « c’est faire advenir le caché, l’inconscient, sortir l’imaginaire de la surface et de l’épaisseur des choses. La création, c’est aussi participer à une vision, à une expression, à une aventure humaine. Participer à une intention créatrice humaine universelle. »
Foisonnant et savoureux, et très riche en visuels de tout format, ce livre est une révélation sur une authentique artiste.

Née en 1956 à Paris, Pascale Morelot-Palu est une artiste peintre dont le travail s'inscrit dans le champ de l'abstraction.
Architecte dplg, elle a dirigé son agence parisienne jusqu'en 2018, parallèlement à une pratique artistique développée depuis l'adolescence, avant de se consacrer entièrement à la peinture.
Formée à l'école d'architecture auprès d'Ivan Messac, puis lors de résidences avec les artistes Ben Ami Koller, Thibaut de Reimpré et Daniel Lacomme, elle vit et travaille aujourd'hui à Nantes et dans le golfe du Morbihan.
Son parcours d'architecte nourrit une peinture abstraite où matière, construction et verticalité occupent une place déterminante, dans un travail développé par séries successives.
Plusieurs critiques d’art se sont intéressés à son travail. Leurs textes se retrouvent dans sa monographie parue aux éditions Art3 Nantes et sur son site :
De 2012 à nos jours, des galeristes français et étrangers se sont intéressés à son travail : Galerie Atelier 28 à Lyon, Author Gallery à Shangaï, ArtMotion Gallery à Quimper, Olivia Ganancia, Area, Galerie DB, et Ida Médicis à Paris.
Artiste permanente chez Art-Scène Gallery, Paris 5°.